O azeite na literatura

O azeite na literatura

Pude aproveitar a “Rentrée Littéraire”, em setembro passado.
Numa pequena cidade francesa, entrei numa minúscula livraria, repleta de livros, de bons livros, muitos clássicos franceses e estrangeiros (também havia autores portugueses traduzidos). Andava (e ando) tão desactualizada no que toca ao panorama actual de escritores que acabei por pedir conselho.
O livreiro apresentou-me os livros recentemente publicados e falou-me de cada uma das obras. Foi tão fascinante ouvi-lo, sentir da mesma forma o quanto ele ama a sua profissão, que teria levado uma montanha de livros comigo. Levei somente o que a carteira podia suportar.
Entre eles, Les Prépondérants de Hédi Kaddour.
Na página 236, dei de cara com um paragrafo completo que resume na perfeição a história do nosso azeite. A única palavra que teria de emendar seria a mula que foi entretanto substituída pelo motor eléctrico. De resto, faço das palavras do Hédi Kaddour, as minhas.

Belkhodja, c’était un roi du tapis, mais il ne connaissait pas grand-chose à l’huile d’olive, sinon qu’elle pouvait rapporter beaucoup. Si Ahmed avait commencé à lui en raconter l’histoire, les Romains, la région couverte d’oliviers, puis la ruine pendant des siècles, et la reconquête, des plants vieux de plus de cent ans, tu sais qu’un arbre donne ses plus belles récoltes entre cinquante et cent cinquante ans? et le pressage, le pressage à froid… Si Ahmed avait claqué dans ses mains, un serviteur était entré, geste de la main de Si Ahmed, le serviteur était revenu avec une assiette et une coupelle qui contenait du sel, il avait posé l’assiette et la coupelle sur la table basse devant Si Ahmed et Belkhodja, il avait pris dans un coin de la pièce une aiguière en argent, une bassine et une serviette, “pose ça!” avait dit Si Ahmed qui avait tenu à verser lui-même l’eau sur les mains de son hôte. Belkodja lui avait rendu la pareille pendant que le serviteur s’éclipsait pour revenir avec un pain rond dont l’odeur tiède avait envahi la pièce, et une bouteille remplie d’une huile d’un vert si tendre qu’il en était presque doré, il avait mis le tout sur la table, “laisse-nous!” avait ordonné Si Ahmed qui avait contemplé la table avec un soupir de satisfaction, “maintenant tu vas comprendre”, avait-il dit à Belkhodja en versant une belle flaque d’huile dans l’assiette, puis il avait pris une pincée de sel, l’avait répandue sur l’huile, il avait rompu le pain rond, en avait détaché un morceau, croûte et mie, avait trempé le morceau de pain dans l’huile, et l’avait tendu à Belkhodja, le pain sentait bon, la tiédeur faisait se répandre les arômes de l’huile et Belkhodja avait eu dans la gorge un goût qui pouvait devenir celui de sa richesse, Si Ahmed disant: on sent même la qualité du mulet qui a fait tourner la meule à concasser les olives, une bête patiente, bien nourrie, pas aussi forte qu’un boeuf ou un chameau, on n’en a pas besoin, pas trop lourde la meule, et il ne faut pas mettre trop d’olives à la fois dans le broyeur, le bon concassage doit être fin mais rester consistant, la qualité du mulet, et ensuite la qualité des scourtins, mon ami, les filtres du préssoir, la finesse de l’alfa des scourtins, et la qualité des bras des hommes au pressoir, des hommes dignes de faire sortir l’or liquide, et j’allais oublier: cueillette à la main, pas au bâton, ne jamais brutaliser l’arbre, sinon les fruits s’en souviennent.

Les Prépondérants
de Hédi Kaddour
Éditions Gallimard, 2015

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